La Recherche en MG

Pourquoi s’intéresser à la recherche en Médecine Générale ?

La Médecine Générale représente un très vaste champ de la Médecine qui n’est que pas ou peu nourri de références scientifiques rigoureuses adaptées à sa pratique.

L’Evidence Based Medicine a été très longtemps réalisée par les structures hospitalières. Or on sait que ces études ne peuvent pas être simplement exportées à la réalité de la prise en charge ambulatoire [1].

La Médecine Générale est au cœur d’une prise en charge globale de type bio-psycho-sociale [2]. La majeure partie des patients qui la consulte ne fréquente ni les spécialistes ni les hôpitaux [3]. L’essentiel de son activité se situe en amont, avec un discernement de prise en charge ou d’orientation. Ses stratégies sont donc spécifiques, c’est pourquoi ses référentiels d’EBM sont à construire. L’enjeu est une qualité des soins au plus près, au moindre coût et au service du plus grand nombre.

Quel est le champ d’action de la Recherche en Médecine Générale ?

Il est avant tout « clinique et épidémiologique ». Il porte aussi sur «  l’évaluation des interventions » qu’elles soient préventives ou thérapeutiques et « l’analyse des déterminants des comportements des médecins et de leur patients ».

« C’est donc principalement une recherche finalisée vers l’amélioration des pratiques médicales ; c’est également une recherche dont les résultats ont vocation à être opérationnels» [4].

Un Pôle Recherche dans le Département de Médecine Générale, à quoi ça sert ?

Le pôle Recherche est constitué d’une équipe dynamique d’enseignants chercheurs, de médecins et d’internes qui travaillent ensemble pour développer la recherche en Médecine Générale dans le Poitou-Charentes. Le pôle Recherche concourt, avec les autres équipes françaises et internationales, à construire le contenu spécifique de la discipline « Médecine Générale ».
L’objectif premier est de concevoir, réaliser des travaux originaux utiles à l’exercice de notre spécialité et de les publier dans diverses revues dont des revues internationales à Impact Factor fort.

Le deuxième objectif est d’aider  dans la mesure du possible les étudiants à construire leur thèse.

Le troisième objectif est la diffusion de l’avancée de la recherche en médecine générale dans le monde.

Le Pôle est géré par un coordinateur, Pr Philippe BINDER.

Ma thèse de Médecine peut-elle faire partie d’un protocole de recherche ?

Oui bien sûr. C’est même souhaitable et encouragé. Cela permet d’atteindre une rigueur scientifique dans son travail.

La condition est de s’y prendre tôt dans le cursus. En effet, une thèse n’est pas un programme de recherche. C’est une des pierres de l’édifice. Elle se doit d’avoir la bonne forme et de se placer au bon endroit. Elle vient s’appuyer sur les travaux précédents et va nourrir les travaux suivants. S’insérer dans un programme est tout un processus qui demande un temps de maturation.

Soit l’interne prend une partie d’un programme qui attend d’être développée, soit il négocie avec l’équipe un sujet qui lui apparaît pertinent. C’est seulement à ce prix que les travaux prendront de la qualité.

Quelles conditions sont nécessaires pour faire de ma thèse un protocole de recherche ?

Le pôle Recherche de Poitiers centre ses efforts autour de 5 axes prioritaires de recherche.

Plus le sujet de thèse s’approche des travaux prioritaires, plus l’interne est aidé dans son travail.

Chaque demande de soutien de thèse fait l’objet d’une fiche standard. Celle-ci est analysée par une commission opérationnelle de 2 membres du Pôle qui s’accordent pour graduer le type et le niveau du projet de thèse. Cette cotation entraine 4 cas de figure possibles :

1. Le projet est inclus dans un protocole déjà en cours. La thèse est au cœur d’un travail d’équipe. L’interne fait parti du pôle Recherche. C’est le soutien maximum.
2. Le projet se situe dans un des axes prioritaires. L’interne obtient le soutien direct des membres du pôle pour sa réalisation, tout au long de son travail.
3. Le projet se situe hors des axes prioritaires. Le pôle Recherche n’aidera que le directeur de thèse dans son suivi du travail de l’interne.
4. Le projet est en dehors du cadre de la Médecine Générale. Il n’y a pas de soutien proposé à l’interne, mais celui-ci peut réaliser sa thèse avec le directeur de thèse qu’il a choisi.

Quels axes de recherche au Département de Médecine Générale de Poitiers ?

La recherche ne se réalise pas seule. Pour réaliser des études approfondies, elle nécessite la collaboration de nombreux intervenant et un travail en équipe qui travaille dans la durée. C’est pourquoi, le DMG a décidé de se centrer sur 5 thèmes de recherche.

1. Conduites à risque  – Pr. Philippe Binder

 Quel moment est le plus propice pour intervenir ? Comment assurer un repérage précoce des conduites à risque, être en lien avec le dispositif spécialisé et quelle est la nature de ce lien ?

Comment prévenir une aggravation et accompagner le patient ? Comment intégrer le système relationnel familial ?

La recherche en ces domaines est donc un effort de compréhension (études d’observations) et des essais d’intervention (études interventionnelles).

2. Troubles sommeil et anxio-dépressifs : Dr. Célia Bornert, Dr.  Bernard Frêche

 Spécifier la gestion en Médecine Générale autour des troubles du sommeil, des troubles anxieux et des troubles de l’humeur.

Quel sont les freins à l’utilisation des outils psychométriques? Comment construire des outils spécifiques à la Médecine ambulatoire de proximité ? Quel sont les niveaux d’investissement possibles ? Comment éviter une surconsommation de traitement médicamenteux ? Comment aider les soignants et avec quel outils ? Comment communiquer entre Médecine Générale et Psychiatrie ;

La recherche en ces domaines est donc un effort de compréhension (études d’observations) et des essais d’intervention (études interventionnelles).

 3. Démographie, organisation, outils : Dr. François Birault

 La démographie médicale actuelle et future de la région Poitou-Charentes et son organisation professionnelle des métiers médicaux et paramédicaux. Quel management et quels outils professionnels à disposition des médecins généralistes pour faciliter leur travail au quotidien ?

À partir du constat d’une désertification médicale, d’un taux d’installation très faible en libéral, le DMG oriente ses travaux vers la recherche des besoins professionnels des jeunes médecins. Quels déterminants de qualité de vie professionnelle et personnelle permettraient d’améliorer la démographie médicale et l’installation ?

4. Pédagogie : Pr. José Gomes

 La recherche en pédagogie se développe et le DMG  souhaite par des études validées et de qualité adapter l’enseignement du DMG à la réalité de la pratique d’aujourd’hui et de celle qui se construit pour demain. C’est dans cet esprit que le DMG participe activement à une recherche internationale sur la responsabilité sociale des facultés de Médecine dans la formation de ses étudiants.

Les axes de recherches se font actuellement sur l’évaluation de la Révision des programmes, l’évaluation des formations, la construction des outils d’évaluation formative, mais aussi sommative.

En pratique, ces études servent également à la construction du stage ambulatoire mère-enfant (existant depuis Mai 2012), d’outils de la certification à Poitiers, de la préparation de la future 4ème année de DES.

L’enseignement de la communication dans la relation médecin-patient et les travaux de recherche qu’elle implique, fait aussi parti des axes de recherche. Elle est au cœur du colloque singulier médecin-patient.

 5. Santé-sexualité : Dr. Stéphanie Mignot

 L’objet de ce groupe de recherche est d’étudier les risques liés  à la sexualité, dans les champs de compétence du médecin généraliste, et notamment le dépistage et la prévention.

Le groupe se centre notamment sur les thématiques suivantes :

-         infections sexuellement transmissibles et notamment le dépistage des Chlamydiae

-         cancer du col de l’utérus et notamment son dépistage

-         grossesse imprévue et notamment son dépistage et sa prévention

Peut-on faire un Master 2 au cours de son internat ?

Oui.

Cependant, il est souhaitable pour cela de réaliser une année recherche, ou au moins de prendre 6 mois de disponibilité. Les M2 sont le plus souvent composés de cours et d’une période de stage.

L’année recherche à Poitiers, c’est réalisable ?

Oui.

L’année-recherche peut permettre aux internes de réaliser un projet de recherche, notamment dans le cadre de la validation d’un diplôme de Master. Les stages effectués au cours d’une année-recherche ne sont pas pris en  compte dans la validation de la formation.

L’arrêté du 4 octobre 2006 définit les modalités d’organisation de l’année-recherche durant le 3ème cycle des études de Médecine. L’attribution dépend de l’avis d’une commission régionale qui apprécie la qualité du projet de recherche.

Le rang de classement aux E.C.N. n’est plus le seul critère retenu. Le nombre d’années-recherche est fixé par Inter-Région.

Ça m’intéresse, je contacte qui ?

Le coordinateur du Pôle Recherche :

Pr. Philippe Binder : philippe.binder@univ-poitiers.fr

 

Références

[1]. Huberman A-M, Miles M-B. Analyse des données qualitatives. 2e éd. De Boeck; 2003.

[2]. Engel GL. The biopsychosocial model and medical education. N Engl J Med. 1982, 306 : 802-5

[3]. Kerr L. White, M.D., T. Franklin Williams, M.D., and Bernard G. Greenberg, Ph.D.§ N Engl J Med 1961; 265:885-892. November 2, 1961

[4]. Gérard de Pourvourville, Développer la recherche en médecine générale et en soins primaires en France : Propositions. Rapport pour le Ministre de la Santé et le Ministre Délégué à la Recherche, 31 Mai 2006